Exercice pénible et périlleux : mais toutes les méthodes sont connues
depuis les années trente (1930). Bien sûr, il est inutile, voire nuisible de connaître
les oeuvres en question pour en parler.
Première méthode, on est pour.
Utiliser les formules suivantes : " Le premier morceau/chapitre renvoie à
l'inconscient collectif... que dire de plus sur l'insoutenable légertée, de l'état
d'irréel apesanteur dans laquelle on est plongée... etc... etc... "
Deuxième méthode, on est contre
Utiliser des formules du genre : " En rentrant de vacances, j'ai retrouvé un
reste de cassoulet végétarien dans le four. Il était dans le même état de fraîcheur
que ce film/livre/disque... Déjà mille fois lu/vu/entendu... (rayer la mention
inutile)... Déjà la pochette/jaquette/affiche dit tout... "
Troisième méthode, on s'abstient !
La encore, quelque formules : " Je ne sais pas pourquoi, mais les gens parlent
sans arrêt du temps qu'il fait. Paramètre qui nous échappe totalement, comme le temps
qui passe par ailleurs. En Anglais il y a deux mots différents pour en parler : Time
& Wether, en Allemand également : Zeit & Wetter... L'autre jours, j'étais à la
banque/commerce/cellulerie...Eh bien... "
En définitive, il ne faut jamais dire du bien de quiconque, car n'oublions pas que le
chroniqueur doit se substituer à l'auteur, lui être supérieur. Il est en effet celui
qui décide de démolir ou magnifier une création et ainsi influencer le lecteur. Il doit
se sentir l'Homme le plus important.
Cependant nous savons tous que cette influence est toute relative (nulle pour être plus
précis). Tout le monde, sauf lui, sait en effet que le succès dépend plus (UNIQUEMENT)
de la réclame véhiculée par les médias. Celle-ci dépend directement d'enjeux
financiers. L'avis du critique importe donc peu (PAS).
© 31 mars 1996 par Instinct Net I,MPot Aide